{"id":115,"date":"2021-05-03T16:42:00","date_gmt":"2021-05-03T14:42:00","guid":{"rendered":"https:\/\/sites.ac-corse.fr\/lettres\/2021\/05\/03\/marivaux-la-vie-de-marianne-1731-1745\/"},"modified":"2021-05-03T16:42:00","modified_gmt":"2021-05-03T14:42:00","slug":"marivaux-la-vie-de-marianne-1731-1745","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sites.ac-corse.fr\/lettres\/2021\/05\/03\/marivaux-la-vie-de-marianne-1731-1745\/","title":{"rendered":"Marivaux, \u00a0\u00bb La Vie de Marianne \u00a0\u00bb (1731-1745)"},"content":{"rendered":"<p><b>Le roman \u00e0 l\u2019\u00e9poque de Marivaux<\/b><\/p>\n<p>Au XVIIe on trouvait deux formes de \u00ab roman \u00bb : le roman baroque, touffu et \u00e0 tiroirs (roman pastoral avec des conversations galantes sur l\u2019amour, et roman h\u00e9ro\u00efque avec des situations et des personnages extraordinaires) et la nouvelle historique, avec des personnages appartenant \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 historique, une intrigue simplifi\u00e9e (une trame unique) et une analyse psychologique qui prenait le pas sur le r\u00e9cit d\u2019aventures). Enfin il y avait une forme parodique, c\u2019\u00e9tait le roman comique (burlesque) o\u00f9 la r\u00e9alit\u00e9 \u00e9tait prosa\u00efque et la v\u00e9rit\u00e9 triviale et comique.<\/p>\n<p>Au XVIIIe, on m\u00e9prise ce genre h\u00e9rit\u00e9 du si\u00e8cle pr\u00e9c\u00e9dent : une litt\u00e9rature de femmes, frivole, immorale et pleine d\u2019invraisemblances. On va avoir tendance par cons\u00e9quent \u00e0 transformer le roman en genre vrai qui raconte comment l\u2019individu (et non pas le noble, qui par d\u00e9finition n\u2019a pas d\u2019histoire, sinon celle de sa lign\u00e9e) peut faire sa place dans une soci\u00e9t\u00e9 en pleine \u00e9volution . C\u2019\u00e9tait du reste \u00eatre conforme au go\u00fbt de la classe dominante, c\u2019est-\u00e0-dire, de la bourgeoisie, dont le seul \u00ab h\u00e9ro\u00efsme \u00bb \u00e9tait celui du quotidien. <\/p>\n<p>Ce souci de vraisemblance d\u2019autre part explique qu\u2019on privil\u00e9gie le Roman-m\u00e9moire \u00e0 la premi\u00e8re personne ; il se donne comme un r\u00e9cit vrai et non une fiction (d\u2019o\u00f9 le proc\u00e9d\u00e9 fr\u00e9quent d\u2019un manuscrit retrouv\u00e9\u2026que l\u2019auteur n\u2019a fait que publier). Et donc le narrateur ne sera jamais omniscient, ce qui entra\u00eene des zones d\u2019ombre, parce qu\u2019\u00e0 l\u2019inverse du narrateur extra-di\u00e9g\u00e9tique qui peut nous \u00e9clairer sur l\u2019ensemble des personnages, ici le narrateur, Je, est toujours pr\u00e9sent et tout-puissant, c\u2019est le seul sujet, tout le reste d\u00e9pend de son regard (cf. J. Rousset, Narcisse romancier) et de la limitation de ce regard. Donc tous les autres personnages ne sont plus que des objets. Dans La vie de Marianne, on ne saura par exemple jamais la v\u00e9rit\u00e9 sur les sentiments de Valville). Mais nous verrons comme le fait d\u2019\u00eatre finalement le seul \u00ab sujet \u00bb est important et d\u00e9cisif dans l\u2019objectif de Marianne. Cependant, comme chez Marivaux, la prise de conscience claire de ce qu\u2019on est se fait toujours a posteriori, il y aura une distance entre celle qui raconte et la Marianne h\u00e9ro\u00efne d\u00e9crite, et donc on retrouve, dans ce syst\u00e8me narratif, la distance, mais sur un autre plan, entre la narratrice et les autres personnages. Pour r\u00e9sumer quand la narratrice s\u2019efface et que Marianne est l\u2019actrice principale, il y a repr\u00e9sentation de l\u2019autre \u00e0 travers les signes qu\u2019il \u00e9met, et quand la narratrice analyse ses r\u00e9actions pass\u00e9es, c\u2019est l\u2019introspection qui pr\u00e9side \u00e0 la connaissance de soi, et le maximum de lumi\u00e8re est projet\u00e9 sur le moi (surtout s\u2019agissant d\u2019une coquette comme Marianne).<\/p>\n<p> <b>Pour la d\u00e9couverte compl\u00e8te du dossier :<\/b> <a class=\"link\" href=\"https:\/\/eduscol.education.fr\/odysseum\/marivaux-la-vie-de-marianne\">site ODYSSEUM<\/a><br \/>\nhttps:\/\/sites.ac-corse.fr\/wp-content\/uploads\/sites\/20\/photo\/art\/default\/1019757-1288965.jpg<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le roman \u00e0 l\u2019\u00e9poque de Marivaux Au XVIIe on trouvait deux formes de \u00ab roman \u00bb : le roman baroque, touffu et \u00e0 tiroirs (roman pastoral avec des conversations galantes sur l\u2019amour, et roman h\u00e9ro\u00efque avec des situations et des personnages extraordinaires) et la nouvelle historique, avec des personnages appartenant \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 historique, une [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-115","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sites.ac-corse.fr\/lettres\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/115","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/sites.ac-corse.fr\/lettres\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sites.ac-corse.fr\/lettres\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sites.ac-corse.fr\/lettres\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sites.ac-corse.fr\/lettres\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=115"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/sites.ac-corse.fr\/lettres\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/115\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sites.ac-corse.fr\/lettres\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=115"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sites.ac-corse.fr\/lettres\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=115"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sites.ac-corse.fr\/lettres\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=115"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}