{"id":1900,"date":"2025-04-10T17:43:09","date_gmt":"2025-04-10T15:43:09","guid":{"rendered":"https:\/\/sites.ac-corse.fr\/lettres\/?p=1900"},"modified":"2025-04-10T17:53:18","modified_gmt":"2025-04-10T15:53:18","slug":"programme-limitatif-de-lenseignement-de-specialite-de-cinema-audiovisuel-en-classe-terminale-pour-lannee-scolaire-2025-2026","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sites.ac-corse.fr\/lettres\/2025\/04\/10\/programme-limitatif-de-lenseignement-de-specialite-de-cinema-audiovisuel-en-classe-terminale-pour-lannee-scolaire-2025-2026\/","title":{"rendered":"Programme limitatif de l\u2019enseignement de sp\u00e9cialit\u00e9 de cin\u00e9ma-audiovisuel en classe terminale pour l\u2019ann\u00e9e scolaire 2025-2026"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/www.education.gouv.fr\/bo\/2025\/Hebdo15\/MENE2504603N\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"420\" src=\"https:\/\/sites.ac-corse.fr\/lettres\/wp-content\/uploads\/sites\/20\/2023\/02\/sticker-cinema-camera.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1271\" style=\"width:132px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/sites.ac-corse.fr\/lettres\/wp-content\/uploads\/sites\/20\/2023\/02\/sticker-cinema-camera.jpg 600w, https:\/\/sites.ac-corse.fr\/lettres\/wp-content\/uploads\/sites\/20\/2023\/02\/sticker-cinema-camera-300x210.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p>Le programme d\u2019enseignement de sp\u00e9cialit\u00e9 de cin\u00e9ma-audiovisuel en classe terminale institue un programme limitatif de trois \u0153uvres cin\u00e9matographiques et audiovisuelles, publi\u00e9 tous les ans au Bulletin officiel de l&rsquo;\u00e9ducation nationale. Il est renouvel\u00e9 annuellement par tiers. Au cours de l&rsquo;ann\u00e9e de terminale, chaque \u0153uvre est abord\u00e9e et analys\u00e9e dans la perspective d&rsquo;un ou plusieurs questionnement(s) pr\u00e9cis\u00e9(s) par le Bulletin officiel de l&rsquo;\u00e9ducation nationale, de la jeunesse et des sports. Chaque \u0153uvre permet donc d&rsquo;actualiser concr\u00e8tement l&rsquo;\u00e9tude d&rsquo;un ou plusieurs questionnement(s) au programme de l\u2019enseignement de sp\u00e9cialit\u00e9 cin\u00e9ma-audiovisuel de terminale.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pour l\u2019ann\u00e9e scolaire 2025-2026, les \u0153uvres cin\u00e9matographiques retenues sont les suivantes<\/strong><strong>:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>La F\u00e9line<\/em> de Jacques Tourneur, 1942 (\u0153uvre renouvel\u00e9e)<\/h3>\n\n\n\n<p>Jacques Tourneur, n\u00e9 \u00e0 Paris en 1904, a \u00e9t\u00e9 pendant dix ans, aux \u00c9tats-Unis et en Europe, l\u2019assistant et le monteur du r\u00e9alisateur Maurice Tourneur, dont il est le fils. Entre 1931 et 1934, il r\u00e9alise en France six&nbsp;com\u00e9dies&nbsp;: <em>Tout \u00e7a ne vaut pas l\u2019amour<\/em>, <em>Un vieux gar\u00e7on<\/em>,<em> La fus\u00e9e<\/em>, <em>Toto<\/em>, <em>Pour \u00eatre aim\u00e9<\/em>,<em> Les filles de la concierge<\/em>. Devenu citoyen am\u00e9ricain en 1919, il finit par s\u2019expatrier aux \u00c9tats-Unis en 1934 o\u00f9 il vivra jusqu\u2019en 1966. Il commence alors sa carri\u00e8re am\u00e9ricaine \u00e0 Hollywood par une s\u00e9rie de courts-m\u00e9trages et signe, en 1939, son premier long, <em>They All Come Out<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Par l\u2019interm\u00e9diaire du producteur et sc\u00e9nariste Val Lewton, la RKO Pictures, qui entend relancer le film d\u2019horreur dont l\u2019\u00e2ge d\u2019or avait d\u00e9but\u00e9 dans les ann\u00e9es 30 avec <em>Dracula<\/em> de Tod Browning (1931), <em>Frankenstein<\/em> de James Whale (<em>id.<\/em>) ou encore <em>La Momie<\/em> de Karl Freund (1932), trouve en Jacques Tourneur un r\u00e9alisateur \u00e0 m\u00eame de renouveler le genre. Dans <em>Cat People<\/em> (<em>La F\u00e9line<\/em>,1942), que viendront compl\u00e9ter <em>I Walked With a Zombie&nbsp;<\/em>(<em>Vaudou<\/em>, 1943), <em>The Leopard Man&nbsp;<\/em>(<em>L\u2019homme l\u00e9opard<\/em>, 1943) et, quinze ans plus tard, <em>Curse of the Demon<\/em> (<em>Rendez-vous avec la peur<\/em>, 1957), film am\u00e9ricano-britannique, il emprunte \u00e0 l\u2019expressionnisme allemand ses codes visuels \u2013 son directeur de la photographie, Nicholas Musuraca, est consid\u00e9r\u00e9 comme celui qui a fait renaitre ce style aux \u00c9tats-Unis dans les ann\u00e9es 40.<\/p>\n\n\n\n<p>On \u00e9tudiera ce film dans le cadre des questionnements suivants&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Transferts et circulations culturels ;<\/li>\n\n\n\n<li>Un cin\u00e9aste au travail.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Dans ce chef-d\u2019\u0153uvre de la s\u00e9rie, film devenu culte et iconique, Tourneur joue de fa\u00e7on omnipr\u00e9sente avec les ombres afin de souligner la pr\u00e9sence du danger. Inversant les codes de la repr\u00e9sentation, selon lesquels la lumi\u00e8re s\u2019impose contre l\u2019ombre, <em>Cat People<\/em> engage le spectateur dans une exp\u00e9rience sensorielle et existentielle in\u00e9dite&nbsp;: c\u2019est tout le r\u00e9gime du visible, du r\u00e9el, qui est red\u00e9fini en s\u2019offrant comme un \u00e9paississement de l\u2019ombre, de l\u2019invisible, dans un continuum que <em>Cat People<\/em> a pour projet d\u2019installer. De mani\u00e8re \u00e0 faire na\u00eetre progressivement l\u2019inqui\u00e9tude et l\u2019angoisse, le film d\u00e9veloppe ainsi une \u00e9criture subtile, tout en suggestion, qui ne montre jamais l\u2019objet de la terreur mais la manifeste partout et nulle part. Ainsi active-t-il la croyance, sans la faire jamais voir, en la capacit\u00e9 d\u2019Irena \u00e0 se m\u00e9tamorphoser en b\u00eate f\u00e9roce, et interroge par l\u00e0-m\u00eame notre propre cr\u00e9dulit\u00e9 dans le pouvoir des fables et des fictions. Pour ce faire, il distille au fil de l\u2019eau des indices visuels et sonores \u2013 certains d\u2019une grande discr\u00e9tion \u2013 qu\u2019il conviendra, au sein de lectures r\u00e9trospectives, de questionner avec les \u00e9l\u00e8ves&nbsp;: l\u2019image de la cr\u00e9ature d\u00e9moniaque (\u00ab the evil creature&nbsp;\u00bb (20\u201928) tournant dans sa cage, sur laquelle s\u2019ouvre le film et qui le ponctue r\u00e9guli\u00e8rement au point de constituer un v\u00e9ritable fil rouge ; le chaton au poil h\u00e9riss\u00e9 manifestant son rejet ainsi que le charivari des oiseaux&nbsp;dans l\u2019animalerie (\u00ab&nbsp;[the cats] seem to know who\u2019s not right, if you know what I mean&nbsp;\u00bb (12\u201928), commente la vendeuse)&nbsp;; la femme-chat de la sc\u00e8ne du mariage&nbsp;; la panth\u00e8re dessin\u00e9e sur le paravent de l\u2019atelier de l\u2019h\u00e9ro\u00efne tout comme la patte de lion de sa baignoire ; la sc\u00e8ne centrale et embl\u00e9matique de la piscine&nbsp;; celle de la poursuite nocturne entre les deux femmes s\u2019achevant sur les empreintes de pattes de b\u00eate et le troupeau de moutons d\u00e9vast\u00e9s, etc.<\/p>\n\n\n\n<p>En important dans le champ de l\u2019image des r\u00e9f\u00e9rences et des motifs issus de cin\u00e9matographies europ\u00e9ennes qu\u2019il r\u00e9adapte et brouille, en d\u00e9stabilisant avec un savoir-faire suggestif in\u00e9dit l\u2019ordre du \u00ab&nbsp;r\u00e9el&nbsp;\u00bb, que fait exactement Tourneur au fantastique&nbsp;? Certes, comme pour la litt\u00e9rature du m\u00eame genre, il fait mine de l\u2019ancrer dans un cadre contemporain et r\u00e9aliste. Le film d\u00e9bute par une sc\u00e8ne de premi\u00e8re rencontre traditionnelle qu\u2019accompagne une musique de romance au moment de se donner un prochain rendez-vous (8\u201923). Dans une construction en point contrepoint, chaque moment susceptible de susciter l\u2019inqui\u00e9tude trouve son apaisement dans un \u00e9l\u00e9ment rassurant. Pour exemple, si la bande son au moment o\u00f9 Irena met la cl\u00e9 dans la porte semble indiquer que quelque chose d\u2019insolite se passe, ce que viennent souligner la question et la remarque d\u2019Oliver&nbsp;: \u00ab&nbsp;What\u2019s the matter&nbsp;?&nbsp;You looked at me in such a funny way. \u00bb (4\u201905), Irena, avec calme, sait imm\u00e9diatement tranquilliser son compagnon : \u00ab&nbsp;I have never had anyone here. You\u2019re the first friend I met in America&nbsp;\u00bb (4\u201916), ce qui permet \u00e0 la romance de reprendre son cours. Et par ailleurs, trois ans avant <em>Spellbound<\/em> (<em>La maison du Docteur Edwardes<\/em>, 1945) d\u2019Alfred Hitchcock, Tourneur place son film sous l\u2019\u00e9gide de la psychanalyse (cf. le cartel d\u2019ouverture contenant la citation du Dr Louis Judd), capable d\u2019apporter des explications rationnelles au mal dont souffre la protagoniste, d\u2019offrir la \u00ab&nbsp;cl\u00e9&nbsp;\u00bb du myst\u00e8re. Pour autant, son geste cr\u00e9atif porte plus loin que ses contemporains et son \u00e9poque. En faisant des apparences le r\u00e9gime effectif de l\u2019\u00eatre et de l\u2019essence, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 vers des cin\u00e9matographies postmodernes qu\u2019il tire ses fl\u00e8ches&nbsp;: peut-\u00eatre n\u2019existe-t-il rien d\u2019autre que des art\u00e9facts&nbsp;? Toute une g\u00e9n\u00e9ration de cin\u00e9astes de la peur, de Brian De Palma \u00e0 Kiyoshi Kurosawa, saura s\u2019en souvenir.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour les sessions 2026 et 2027, l\u2019<em>Irma Vep<\/em> d\u2019Olivier Assayas et <em>La F\u00e9line&nbsp;<\/em>de Jacques Tourneur seront tous deux inscrits au programme limitatif du baccalaur\u00e9at. Les occasions de les mettre en \u00e9cho de fa\u00e7on signifiante existent&nbsp;: autour des personnages de la Black Cat et de la vampire en tunique noire \u00e0 la silhouette f\u00e9line ou encore au sujet des \u00e9critures cin\u00e9matographiques d\u00e9termin\u00e9es par l\u2019invisible, le cach\u00e9, l\u2019inconscient&nbsp;: \u00ab&nbsp;le cin\u00e9ma n\u2019est pas la transparence, explique Assayas, cette transparence qui est celle du \u201con doit tout le temps tout comprendre\u201d. Moi je pense qu\u2019on doit tout le temps ne rien comprendre&nbsp;\u00bb (interview d\u2019Olivier Assayas par Marc Cerisuelo, \u00ab&nbsp;S\u2019adapter \u00e0 la culture am\u00e9ricaine&nbsp;\u00bb).<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>High School&nbsp;<\/em>de Frederick Wiseman, 1968<\/h3>\n\n\n\n<p>1968. La France conna\u00eet l\u2019un des mouvements sociaux les plus importants de son histoire, durant lequel \u00e9clate la r\u00e9volte des \u00e9tudiants qu\u2019accompagnent manifestations d\u2019ampleur et gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale. Aux \u00c9tats-Unis, alors que le pays est massivement engag\u00e9 dans la guerre du Vietnam, on prend conscience, \u00e0 la suite de l\u2019offensive du T\u1ebft, de la force militaire du Vi\u00eat-cong, qui parvient \u00e0 occuper pendant plus d\u2019un mois les faubourgs de Sa\u00efgon et la citadelle de Hu\u00e9, tuant quelque trois mille personnes li\u00e9es \u00e0 la r\u00e9publique du Vietnam. Les mouvements d\u2019opposition, notamment estudiantins, sont de plus en plus massifs&nbsp;: des campus sont occup\u00e9s, dont celui de Colombia en avril, et de fr\u00e9quents affrontements opposent les jeunes et les forces de police, comme \u00e0 Chicago \u00e0 la fin du mois d\u2019aout. Au c\u0153ur de cette tourmente, le <em>Civil Rights Movement<\/em> se poursuit, et l\u2019ann\u00e9e 68 est marqu\u00e9e par l\u2019assassinat de Martin Luther King le 4&nbsp;avril. C\u2019est au c\u0153ur d\u2019une vague d\u2019\u00e9meutes que le pr\u00e9sident Johnson promulgue, le 11, le nouveau <em>Civil Rights Act<\/em>. Deux mois auparavant, en f\u00e9vrier, la NASA pr\u00e9sente les cinq sites d\u2019atterrissage potentiels sur la lune, quand, le 21&nbsp;janvier, Simon and Garfunkel sortent l\u2019album <em>The Graduate<\/em>, qui contient le c\u00e9l\u00e8bre \u00ab&nbsp;Mrs Robinson&nbsp;\u00bb et s\u2019empare, en avril, de la premi\u00e8re place du Billboard&nbsp;200.<\/p>\n\n\n\n<p>Tous ces \u00e9v\u00e8nements traversent <em>High School<\/em>, le deuxi\u00e8me film documentaire de Frederick Wiseman, mais \u00e0 bas bruit, soit subrepticement comme par flash (\u00ab&nbsp;Le Club du Spectateur va discuter de l\u2019assassinat de Martin Luther King&nbsp;\u00bb, 58\u201907-58\u201913&nbsp;; la pr\u00e9sence soudaine d\u2019un policier dans un couloir de l\u2019\u00e9tablissement, 58\u201914-58\u201922), soit dans des s\u00e9quences qui y renvoient plus ou moins directement (\u00ab&nbsp;Qui serait membre d\u2019un club o\u00f9 il y aurait une minorit\u00e9 de noirs [\u2026] et d\u2019un club dont la moiti\u00e9 des membres serait noire, l\u2019autre blanche&nbsp;? [\u2026] Combien refuseraient&nbsp;? Il n\u2019y a pas de bonne ou de mauvaise r\u00e9ponse&nbsp;\u00bb, 52\u201932-53\u201914&nbsp;; la s\u00e9quence consacr\u00e9e au projet Sparc, 1\u201905\u201944-1\u201908\u201956&nbsp;; la s\u00e9quence finale consacr\u00e9e&nbsp;\u00e0 la lecture publique de la lettre de Bob Walters, ancien&nbsp;\u00e9l\u00e8ve du lyc\u00e9e, qui s\u2019engage au Vietnam, 1\u201910\u201919-1\u201914\u201912). De fait, Northeast, lyc\u00e9e d\u2019enseignement secondaire public de Philadelphie en Pennsylvanie, que le cin\u00e9aste filme pendant cinq semaines entre mars et avril&nbsp;1968, ne semble pas vibrer des r\u00e9voltes qui grondent \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur (\u00ab&nbsp;Le lyc\u00e9e Northeast est un endroit si cloitr\u00e9, si retir\u00e9.&nbsp;\u00bb, 53\u201947). Sans voix <em>off<\/em> ni musique, sans aucun accompagnement \u2013 \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un Charles Reznikoff, ce po\u00e8te objectiviste am\u00e9ricain qui accueille dans sa po\u00e9sie, mat\u00e9riaux bruts, les t\u00e9moignages entendus lors de proc\u00e8s sans ajouter un mot qui lui soit propre \u2013, le film, qui va fonder le cin\u00e9ma v\u00e9rit\u00e9, avec une m\u00e9thode reprise par Richard Leacock en Angleterre et Raymond Depardon en France, est comme d\u00e9dramatis\u00e9 et neutre.<\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9anmoins, cette neutralit\u00e9, cette objectivit\u00e9 d\u2019un r\u00e9alisateur qu\u2019on a le sentiment de ne pas sentir n\u2019est qu\u2019apparence. C\u2019est pourquoi, afin d\u2019en cerner la construction et l\u2019expression d\u2019une part, et la r\u00e9ception d\u2019autre part, on \u00e9tudiera plus particuli\u00e8rement <em>High School<\/em> dans la perspective des questionnements suivants&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;Un cin\u00e9aste au travail&nbsp;\u00bb et&nbsp;\u00ab&nbsp;R\u00e9ceptions et publics&nbsp;\u00bb. Attention, une modification a&nbsp;\u00e9t\u00e9 apport\u00e9e au questionnement propos\u00e9 dans le programme limitatif pr\u00e9c\u00e9dent o\u00f9 celui-ci apparaissait au singulier&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;R\u00e9ception et public&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour ce faire, on \u00e9tudiera le d\u00e9coupage des s\u00e9quences et le montage, qui, jouant par capillarit\u00e9, sont la plupart du temps porteur de sens. On pourra, par exemple, mettre en \u00e9vidence l\u2019opposition entre l\u2019apparence et la r\u00e9alit\u00e9 que r\u00e9v\u00e8le le passage de la s\u00e9quence chorale (53\u201915-53\u201944), o\u00f9 les \u00e9l\u00e8ves r\u00e9p\u00e8tent studieusement sous la baguette de leur professeur, \u00e0 celle qui montre un \u00e9tudiant, aux lunettes noires tel John Lennon, exprimant, devant ses camarades et son enseignante, sa col\u00e8re au sujet de ce lyc\u00e9e-clo\u00eetre, de ce \u00ab&nbsp;lyc\u00e9e qui pue&nbsp;\u00bb (54\u201924). Par ailleurs, on interrogera les effets et les symboliques des gros plans, constants dans le film, sur des parties du corps \u2013 les oserait-on toutes aujourd\u2019hui&nbsp;?&nbsp;\u2013, sur des visages, de face ou de profil, sur des bouches qui parlent (1\u201929), qui chantent (53\u201937), sur des yeux et des regards, que parfois d\u00e9robent voire d\u00e9forment des lunettes d\u2019un autre \u00e2ge (41\u201929) ou qui r\u00e9v\u00e8lent des pens\u00e9es en train de se faire (36\u201954), des imaginaires en fuite (37\u201903), sur des gestes d\u2019apprentissage (18\u201957-19\u201907), mais aussi sur de multiples objets personnels et quotidiens.<\/p>\n\n\n\n<p>On r\u00e9fl\u00e9chira enfin au choix du (presque) huis-clos. En effet, le lyc\u00e9e apparait \u00e0 l\u2019\u00e9cran davantage comme une sorte de citadelle, entour\u00e9e de ses remparts grillag\u00e9s, le travelling horizontal de la s\u00e9quence d\u2019ouverture (00\u201938) plantant le d\u00e9cor, avec ses longs couloirs \u00e0 l\u2019allure de couloirs de prison, souvent vides (37\u201930), dans lesquels une figure d\u2019autorit\u00e9 est susceptible de demander aux \u00e9tudiants s\u2019ils ont un \u00ab&nbsp;laissez-passer&nbsp;\u00bb (13\u201909-14\u201938). Un lyc\u00e9e&nbsp;\u00ab&nbsp;moralement et socialement, poubelle&nbsp;\u00bb (56\u201949), dans lequel on enseigne le fait que&nbsp;\u00ab&nbsp;le monde vous reconna\u00eet selon vos r\u00e9sultats&nbsp;\u00bb (8\u201940), que&nbsp;\u00ab&nbsp;tenue de soir\u00e9e&nbsp;\u00bb signifie robe longue ou smoking (29\u201904-32\u201919), que&nbsp;\u00ab&nbsp;si un couple vit ensemble, la soci\u00e9t\u00e9 consid\u00e8re qu\u2019ils sont mari\u00e9s, et c\u2019est ainsi formidable&nbsp;: la soci\u00e9t\u00e9 sait prendre soin d\u2019unions r\u00e9guli\u00e8res, responsables et stables&nbsp;\u00bb (26\u201956), que&nbsp;\u00ab&nbsp;plus un gar\u00e7on ou une fille a de rapports avant le mariage, moins ils feront de bons partenaires de mariage&nbsp;\u00bb (59\u201924). Un lyc\u00e9e dans lequel, en pr\u00e9sence de la m\u00e8re dont le gros plan sur le regard semble trahir les pens\u00e9es (45\u201908), une probable conseill\u00e8re d\u2019orientation pose au seul p\u00e8re \u00ab&nbsp;la question cruciale&nbsp;:&nbsp;\u201cde quel budget disposez-vous pour les&nbsp;\u00e9tudes de votre fille&nbsp;?\u201d&nbsp;\u00bb (45\u201901).<\/p>\n\n\n\n<p>Au fil du propos du film, sans \u00e9clat ni coup de force, ce sont bien les st\u00e9r\u00e9otypes de classes, de genres, de pouvoir, qui sont d\u00e9mont\u00e9s et r\u00e9v\u00e9l\u00e9s, et notamment ceux que v\u00e9hiculent le mod\u00e8le \u00e9ducatif \u00e0 l\u2019\u0153uvre. \u00ab&nbsp;En mati\u00e8re d\u2019\u00e9ducation, de ses relations avec le monde d\u2019aujourd\u2019hui, ce lyc\u00e9e est pitoyable, c\u2019est un vrai clo\u00eetre. Il est compl\u00e8tement coup\u00e9 de ce qui se passe dans le monde. Il faut changer \u00e7a. C\u2019est notre but ici. Et non pas de parler cin\u00e9ma.&nbsp;\u00bb (54\u201933-54\u201946). Et la fin du film de venir confirmer cette hypoth\u00e8se&nbsp;:&nbsp;\u00e0 la suite de l\u2019expression publique de satisfaction d\u2019un membre de la direction (ou d\u2019une professeure) devant l\u2019engagement d\u2019un ancien&nbsp;\u00e9l\u00e8ve au Vietnam (\u00ab&nbsp;Le fait de recevoir une telle lettre me fait penser que nous avons r\u00e9ussi notre travail, ici, au lyc\u00e9e Northeast&nbsp;\u00bb, 1\u201914\u201900-1\u201914\u201910), le cin\u00e9aste coupe avant toute&nbsp;\u00e9ventuelle r\u00e9plique de la part des lyc\u00e9ens que, par ailleurs, tout&nbsp;\u00e0 fait exceptionnellement, il choisit de ne pas montrer. Leur r\u00e9ponse est comme vol\u00e9e par l\u2019adulte (\u00ab&nbsp;Je pense que vous en conviendrez&nbsp;\u00bb, 1\u201914\u201911), mais le d\u00e9coupage de la s\u00e9quence ouvre&nbsp;\u00e0 des horizons de grogne possibles. Y a-t-il pour autant un jugement de la part de Wiseman&nbsp;? Sans doute pas au sens o\u00f9 il chercherait&nbsp;\u00e0 nous imposer son point de vue. La discr\u00e9tion de celui-ci, m\u00eame dans l\u2019efficace des visibilit\u00e9s restaur\u00e9es, vise sans doute surtout \u00e0 \u00e9veiller notre facult\u00e9 de juger et \u00e0 nous laisser ma\u00eetres du final cut moral.<\/p>\n\n\n\n<p>On s\u2019en doute, au moment de sa sortie, le film a \u00e9t\u00e9 fort mal per\u00e7u par le personnel de l\u2019\u00e9tablissement qui mena\u00e7a Frederick Wiseman de poursuites judiciaires. Il ne sera pas projet\u00e9 \u00e0 Philadelphie. Pourtant, c\u2019est une m\u00e9thode qui s\u2019invente ici et se perfectionne&nbsp;: des cin\u00e9astes h\u00e9ritiers qui la d\u00e9clineront (et m\u00eame&nbsp;\u00e0 notre&nbsp;\u00e9poque, notamment avec Claire Simon) jusqu\u2019aux sociologues qui se l\u2019approprieront, la r\u00e9ception de <em>High-school<\/em> est vivante et complexe.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Irma Vep&nbsp;<\/em>d\u2019Olivier Assayas, mini-s\u00e9rie, \u00e9pisodes 1, 2 et 3, 2022<\/h3>\n\n\n\n<p>Olivier Assayas n\u2019en est pas \u00e0 sa premi\u00e8re incursion dans la s\u00e9rie lorsqu\u2019il se lance pour HBO dans le projet <em>Irma Vep<\/em>, mini-s\u00e9rie de 8&nbsp;\u00e9pisodes. Entre le \u00ab&nbsp;grand film intimiste&nbsp;\u00bb qu\u2019est <em>L\u2019Heure d\u2019\u00e9t\u00e9<\/em> (selon la belle formule de Jacques Mandelbaum) et <em>Apr\u00e8s mai<\/em>, portrait de la jeunesse des ann\u00e9es 70, il livra, \u00e0 la surprise g\u00e9n\u00e9rale, le biopic <em>Carlos<\/em> qui retrace la vie du terroriste international Ilich Ramirez S\u00e0nchez. Qualifi\u00e9 de \u00ab&nbsp;film&nbsp;\u00bb, le projet est propos\u00e9 en deux versions&nbsp;: l\u2019une de 5&nbsp;h&nbsp;30 pr\u00e9sent\u00e9e&nbsp;\u00e0 Cannes et diffus\u00e9e en trois&nbsp;\u00e9pisodes sur Canal+, l\u2019autre de 2&nbsp;h&nbsp;45 qui sortit en salles. L\u2019auteur avait d\u00e9j\u00e0 esquiss\u00e9 un semblable jeu de variations&nbsp;avec le t\u00e9l\u00e9film <em>La Page blanche<\/em> (r\u00e9alis\u00e9 pour Arte) et sa r\u00e9\u00e9criture au format \u00ab&nbsp;cin\u00e9ma&nbsp;\u00bb sous le titre <em>L\u2019Eau froide<\/em>. Int\u00e9grant pleinement l\u2019incidence des supports et des circuits de diffusion sur ses choix de r\u00e9alisateur, Assayas cherchait tr\u00e8s consciemment d\u00e8s ces premiers essais \u00e0 en \u00e9prouver l\u2019effet sur le spectateur. Aussi, lorsque Ren\u00e9, le r\u00e9alisateur de la s\u00e9rie en ab\u00eeme \u00ab&nbsp;Irma Vep&nbsp;\u00bb dont on suit la douloureuse gen\u00e8se au fil des \u00e9pisodes de la s\u00e9rie du m\u00eame nom, rencontre un m\u00e9decin charg\u00e9 par les assurances d\u2019\u00e9valuer sa sant\u00e9 et sa capacit\u00e9 \u00e0 achever le projet, tout va bien jusqu\u2019au moment o\u00f9 l\u2019on sort du registre strictement m\u00e9dicalpour entrer dans celui de l\u2019esth\u00e9tique. Une controverse se d\u00e9clenche en effet sur la nature de la production&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;feuilleton&nbsp;\u00bb pour le m\u00e9decin,&nbsp;\u00ab&nbsp;film&nbsp;\u00bb et rien que&nbsp;\u00ab&nbsp;film&nbsp;\u00bb&nbsp;\u2013 certes au travers d\u2019une dur\u00e9e plus longue&nbsp;\u2013 pour Ren\u00e9 qui se fait ici l\u2019\u00e9cho, sinon de l\u2019inqui\u00e9tude d\u2019Assayas, du moins de ses ambitions et doutes. Qu\u2019est-ce donc qui qualifie ou disqualifie la valeur d\u2019une cr\u00e9ation ? La puret\u00e9 de son intention&nbsp;? Son circuit de diffusion ou son format&nbsp;? Les choix et gestes de son auteur&nbsp;? Sa r\u00e9ception, imm\u00e9diate ou ult\u00e9rieure ? Et par quel public&nbsp;?&nbsp;\u00c0 quel prix les images sortent-elle du r\u00e9gime du flux pour entrer dans celui de l\u2019Art&nbsp;? Cela rel\u00e8ve-t-il d\u2019une qualit\u00e9 intrins\u00e8que ou extrins\u00e8que&nbsp;? Questions essentielles qui sont celles qu\u2019affronte actuellement le secteur cin\u00e9matographique, plus que jamais superpos\u00e9 et assujetti \u00e0 celui de l\u2019audiovisuel, et qu\u2019<em>Irma Vep<\/em> ne cesse de r\u00e9fl\u00e9chir avec dr\u00f4lerie, gr\u00e2ce, fantaisie, et lucidit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019on suit ainsi autant la cr\u00e9ation d\u2019une aventure (remake du fameux serial de Louis Feuillade) que les aventures d\u2019une cr\u00e9ation. Une multitude d\u2019intrigues et de p\u00e9rip\u00e9ties s\u2019entrecroisent, se ramifient et se correspondent sur la trame du tournage d\u2019un \u00ab&nbsp;film&nbsp;\u00bb donc&nbsp;: un r\u00e9alisateur ali\u00e9n\u00e9 jette les derniers cr\u00e9dits qu\u2019il lui reste dans une tentative folle de r\u00e9\u00e9criture d\u2019un vieux classique du muet pour tenter de r\u00e9animer la flamme et les mannes du cin\u00e9ma des origines&nbsp;; une jeune star am\u00e9ricaine, la bien nomm\u00e9e Mira (\u00e0 la fois&nbsp;\u00ab&nbsp;merveilleuse&nbsp;\u00bb et&nbsp;\u00ab&nbsp;regard&nbsp;\u00bb), habitu\u00e9e aux grosses productions hollywoodiennes, cherche en Europe une parenth\u00e8se enchant\u00e9e, afin de redonner du sens \u00e0 sa carri\u00e8re et \u00e0 sa vie&nbsp;; un vieux m\u00e9c\u00e8ne, pas si philanthrope que cela, finance le projet pourvu que sa star devienne l\u2019\u00e9g\u00e9rie de sa prochaine campagne de parfum&nbsp;; un acteur allemand <em>junkie<\/em> ne peut tourner que si on lui trouve son carburant quotidien&nbsp;; un jeune premier fait des histoires de tout, pour se donner de l\u2019importance, et par-dessus tout, un ma\u00eetre-r\u00e9alisateur orchestre ce ballet incessant de d\u00e9sirs pour tromper ses angoisses de cr\u00e9ation (Ren\u00e9 comme double distanci\u00e9 d\u2019Olivier) et rappeler \u00e0 lui le souvenir de ses amours d\u00e9funtes.<\/p>\n\n\n\n<p>Si le postulat peut rappeler celui de <em>La nuit am\u00e9ricaine<\/em> de Truffaut, la richesse, la vari\u00e9t\u00e9 de ton, la libert\u00e9 grande que permet le format s\u00e9riel donne \u00e0 <em>Irma Vep<\/em> l\u2019ampleur d\u2019une qu\u00eate symbolique et cathartique&nbsp;: de petites en grandes histoires, de tribulations d\u00e9risoires en caprices de stars, d\u2019amourettes en grandes histoires d\u2019amour, d\u2019approximations en cristallisations, de regrets en deuils accomplis, c\u2019est moins la force r\u00e9paratrice du cin\u00e9ma sur la vie qui est interrog\u00e9e, que la mani\u00e8re dont le cin\u00e9ma peut faire \u0153uvre par-del\u00e0 le chaos. Au travers d\u2019une multitude de rat\u00e9s ou de hasards, de grands al\u00e9as ou de victoires d\u00e9risoires, la grande magie invocatoire des images op\u00e8rera, malgr\u00e9 tout, malgr\u00e9 nous, s\u2019il nous est donn\u00e9 d\u2019y croire jusqu\u2019au bout.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019il est recommand\u00e9 que les \u00e9l\u00e8ves d\u00e9couvrent l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de la s\u00e9rie, le programme se limite \u00e0 l\u2019\u00e9tude des trois premiers \u00e9pisodes qui forment \u2013 autour du personnage de Mira, de son arriv\u00e9e \u00e0 Paris et de ses premiers contacts professionnels et personnels avec le milieu parisien \u2013 un arc narratif complet qui lance cependant l\u2019ensemble des pistes de l\u2019\u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n<p>On \u00e9tudiera plus particuli\u00e8rement les \u00e9pisodes 1, 2 et 3 d\u2019<em>Irma Vep<\/em> dans la perspective des questionnements suivants&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Un cin\u00e9aste au travail<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Jouant avec le \u00ab&nbsp;d\u00e9calage&nbsp;\u00bb de Mira (horaire, personnel, culturel et professionnel), Olivier Assayas tire profit de son regard candide (une Roxane en&nbsp;Pays de Cocagne de \u00ab&nbsp;Libre cin\u00e9ma&nbsp;\u00bb) pour interroger&nbsp;\u00e0 neuf les conditions de cr\u00e9ation d\u2019une fiction en 2022. Ce faisant, <em>Irma Vep<\/em> peut \u00eatre autant \u00e9tudi\u00e9 comme un documentaire en miroir sur son propre tournage que comme un \u00e9tat des lieux du cin\u00e9ma et du d\u00e9sir, autant comme un carnet de cr\u00e9ation drolatique et distanci\u00e9 que comme un trait\u00e9 de \u00ab&nbsp;Conseils&nbsp;\u00e0 un jeune cin\u00e9aste&nbsp;\u00bb (dont les&nbsp;\u00e9l\u00e8ves feront leur miel), autant comme une d\u00e9claration d\u2019amour que comme un pamphlet, autant comme une autor\u00e9flexion sur toute son \u0153uvre par le cin\u00e9aste que comme une r\u00e9activation occulte de sa force et m\u00e9moire. Aussi le dialogue permanent et subtil que m\u00e9nage <em>Irma Vep<\/em> la mini-s\u00e9rie avec <em>Irma Vep<\/em> (le film de 1996) constitue-t-il le point de mire et d\u2019incandescence de tout le dispositif. Par quoi un artiste est-il hant\u00e9 lorsqu\u2019il cr\u00e9e&nbsp;? Et nous, qui visionnons son&nbsp;\u0153uvre, quelles images-fant\u00f4mes viennent nous assaillir&nbsp;?&nbsp; &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Art et industrie<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Et dans tout cela, s\u2019agit-il \u00ab&nbsp;par ailleurs d\u2019une industrie&nbsp;\u00bb pour paraphraser une c\u00e9l\u00e8bre formule&nbsp;? Certainement.&nbsp;\u00c0 travers les vicissitudes de la production et notamment le personnage interpr\u00e9t\u00e9 par Pascal Gr\u00e9gory&nbsp;\u2013 alter ego de Bernard Arnault ou Fran\u00e7ois Pinault&nbsp;\u2013, la s\u00e9rie ne cesse de s\u2019en amuser et de surench\u00e9rir au centuple&nbsp;sur Malraux&nbsp;: le cin\u00e9ma est li\u00e9 si inextricablement aux circuits industriels qu\u2019il n\u2019y compte m\u00eame plus que comme un faire-valoir de la \u00ab&nbsp;vraie&nbsp;\u00bb industrie, comme une pr\u00e9-bande annonce pour un spot publicitaire de parfum de luxe. Et pourtant, dans cette niche, quelque chose peut advenir, quelque chose de si universel, de si inali\u00e9nable, de si transcendant, que tous les capitaines d\u2019industrie s\u2019y pr\u00e9cipitent presque involontairement pour renouer avec la fonction sociale traditionnelle du m\u00e9c\u00e8ne&nbsp;: mettre en rapport <em>via&nbsp;<\/em>l\u2019art la faux du pr\u00e9sent avec un parfum d\u2019\u00e9ternit\u00e9 \u2013 qui n\u2019a pas de prix.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le programme d\u2019enseignement de sp\u00e9cialit\u00e9 de cin\u00e9ma-audiovisuel en classe terminale institue un programme limitatif de trois \u0153uvres cin\u00e9matographiques et audiovisuelles, publi\u00e9 tous les ans au Bulletin officiel de l&rsquo;\u00e9ducation nationale. Il est renouvel\u00e9 annuellement par tiers. 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